Val-David, Laurentides · 1941 – 2003
Sept petites maisons, dix locataires, un stationnement.
Guindonville, c'était un bout de terre au pied du mont Condor, à Val-David, où un homme avait bâti des maisons « pour que le monde vive ». Le 6 juillet 2003, à six heures du matin, une quarantaine de policiers et une pelle mécanique y ont mis fin, pour un stationnement qui n'a pas été construit cet automne-là. Ce site raconte ce qui s'est passé, avec les textes, les photos et la revue de presse que les locataires avaient mis en ligne en 2003.
« C'est pour que le monde vive que j'avais construit ces maisons. »
Yvon Guindon, bâtisseur de Guindonville, cité dans Ski-se-dit, 2002
« Se faire jeter à la rue, de même, franchement, c'est de l'abus de pouvoir direct ! […] Ils mettent sur le même pied le coût d'un humain et le coût du ciment. »
Richard Desjardins, Le Devoir, 24 avril 2003
L'histoire du lieu
1941 : Ti-Yves Guindon achète 62 acres et bâtit quinze maisons. Un centre de ski, une auberge sur un rocher, « l'hôtel des courants d'air ».
L'affaire
Un emprunt de 500 000 $, une expropriation à 208 000 $, un stationnement de 300 places. Et les solutions de rechange qu'on n'a pas voulu regarder.
La chronologie
De la pétition de 1 225 noms à la descente du 6 juillet, puis au référendum du 2 novembre 2003, jour par jour.
Le 6 juillet 2003
Kathy sur son toit avec un baril de béton, Julie dans son arbre, et la pelle mécanique. Deux témoins racontent.
Les photos
Les maisons, les bannières, la peinture de la maison de Marie, les camions de télévision, les débris.
Le film de 2003
« Il aurait été une fois… Guindonville », 1 h 26 tournées en mini DV par un des résidents, des veillées jusqu'à la démolition.
Les textes
Trois textes d'époque : Batiste W. Foisy, Mélanie, et Stéphane Bertrand, petit-fils d'Yvon Guindon.
Les voix de 2003
Les locataires, les appuis, la municipalité dans ses propres mots : « tout est légal, mais cela a manqué de morale ».
La presse
Le Devoir, Radio-Canada, The Gazette, National Post, Globe and Mail, et le reportage de Zone Libre.
Le mot de M. et Mme Guindon
Publié sur le site à l'automne 2003.
Malgré la triste tournure des événements qui frappe au premier chef les anciens locataires de Guindonville, nous tenons à remercier la communauté qui nous a soutenus dans cette affaire. La rencontre du 15 juin, en fait une véritable fête au restaurant, est un bel exemple de l'enthousiasme, de la chaleur et de la convivialité de notre communauté, toute génération confondue. Ce beau moment, nous le gardons précieusement en nos mémoires, car il représente bien le type d'engagement que nous poursuivons depuis près de soixante ans. Il serait trop long d'énumérer la liste des gens qui depuis des années ont évolué autour de nous, ceux-là mêmes qui ont tendu haut la main et tenté de contrer du fond de leur cœur le processus d'expropriation de Guindonville. Ces gens, nous en sommes certains, sauront se reconnaître. Qu'ils acceptent notre profonde gratitude pour tous ces gestes de bonne foi.
Yvon et Dorothy Guindon
Pourquoi ce site existe encore
En 2003, les locataires de Guindonville avaient monté un site web, guindonville.ca.tc, hébergé sur une page personnelle .Mac. Il servait de journal de bord, de revue de presse et d'appel à l'aide, et il a été lu jusque dans une vingtaine de pays. L'hébergement a disparu avec les années. Ce que vous lisez ici a été reconstitué à partir des copies conservées par la Wayback Machine, page par page, avec les vingt photos qui avaient survécu.
Guindonville a fini par entrer dans l'histoire des luttes pour le logement au Québec : François Saillant lui consacre un chapitre de Lutter pour un toit (2018), Jean-Marc Beausoleil en a tiré un roman, et Radio-Canada y a envoyé l'équipe de Zone Libre. Ce site est là pour que ce qui s'est passé au chemin du Condor ne soit pas oublié.